Aetius, vainqueur d'Attila : l'épopée du dernier général de la Rome antique

Les principales causes de la chute de l'Empire Romain d'Occident sont bien identifiées.
Elles se résument à quatre points principaux : La dégradation du Politique en dictature.
La disparition du sens civique, sous la démagogie. La perte des repères identitaires,
dans le cosmopolitisme. Et enfin le coup de poignard de l'Église, pour un objectif
de théocratie universelle.
Cependant, comme l'écrit Ferdinand Lot dans sa «Fin du monde antique», «Le monde
romain a vu passer sur le trône, une succession de souverains comme l'histoire n'en a
plus guère offert l'équivalent». Parmi ces grands noms, certains nous reviennent en
mémoire : Auguste, Aurélien, Dioclétien... Face à eux, apparaissent les empereurs de la
décadence : Héliogable, Caligula, Honorius... Mais l'un des plus indignes fut Constantin,
le «parrain» du christianisme qui ouvrit le concile de Nicée. Non seulement il va
arracher Rome à Rome, pour la transplanter à Byzance, mais son cerveau enfiévré qui
lui faisait voir la croix du christ dans le ciel, était aussi celui d'un tueur sanguinaire.
Sur une période de quinze ans, le «fils aimé de l'Eglise, celui que Dieu a mis à la tête de
son peuple et qui règne grâce à lui» va successivement assassiner : son beau-père Maximin
en 310, le fils aîné de Maxence en 312, son gendre Bassianus en 314, son beau-frère
Licinius en 325, son neveu Lucinianus en 326, son fils Crispus toujours en 326, et sa seconde
femme Fausta encore en 326. Mais il ouvre les portes de l'Empire au christianisme
en l'étatisant, et pour cela sera décrit par le chrétien Eusèbe comme «plein
d'amour pour l'humanité».
Malgré une pareille décadence, des romains au courage exceptionnel continueront à
donner leur vie pour Rome. Parmi eux, Aetius fut le dernier, et l'un des plus grands.
Otage des Wisigoths à 16 ans. Otage des Huns à 23 ans. Il devient
Général en chef de la Gaule à 29 ans. A partir de là, il va
consacrer sa vie à sauver l'Empire malade. Repoussant les invasions
barbares, luttant contre les Bagaudes, maîtrisant les
expansions wisigothiques, contrariant les ambitions de
Constantinople, dénonçant les complots des Chrétiens, il va
s'épuiser à la tâche. Sa victoire héroïque sur Attila aux Champs
Catalauniques, alors que tous le donnaient vaincu, sera la
gloire de trop. Valentinien III, décadent, jaloux et manipulé
l'assassinera à 59 ans.
Après Aetius, l'Empire Romain d'Occident s'écroulera, mettant
un terme à la plus grandiose civilisation que l'Europe ait
connue.
Il était le «Dernier des Romains».