Traité de droit constitutionnel congolais

Traité de droit constitutionnel congolais
Dans sa conception, son évolution et certainement sa pratique, le droit
constitutionnel congolais a souvent fait le lit des crises politiques, qu'il
provoque ou qu'on lui impose, l'obligeant, par moments, à les gérer à
défaut de les résorber. Droit de crises ou de gestion de crises, ce droit est
avant tout au service des normes, dont le respect contribue à l'équilibre
institutionnel et la garantie suffisante pour l'exercice, par chaque citoyen,
de ses droits et libertés.
Placées dans le contexte congolais, ces trois dimensions du droit
constitutionnel n'ont pas toujours été en cohérence avec l'idée que l'on se
fait et son rôle dans la régulation de la vie sociale, en raison notamment
des modulations souvent imposées à la Constitution. L'organisation du
contrôle de constitutionnalité de lois apparaît, dans ces conditions, comme
une assurance vers la protection de la Loi fondamentale et l'édification de
l'État de droit.
Prises en compte dans la perception globale du droit constitutionnel
congolais, les libertés publiques en constituent l'objectif final. Elles
valorisent l'action des pouvoirs publics et en limitent les excès, mais en
raison de la faible mobilisation des forces sociales et politiques en faveur
de la démocratie, grande est la tentation de voir les citoyens se prendre
en charge, usant, par moments, de leur droit à la désobéissance civile.