Un perpétuel état de bonheur

Les débuts dans la vie d'un jeune homme constituent toujours
une aventure unique. Le narrateur de Un perpétuel état de
Bonheur nous la fait partager avec tendresse et humour.
Le style oral, adopté par l'auteur, comme le découpage
cinématographique du livre, installent une grande proximité
avec les personnages et leur milieu haut en couleur.
Cet itinéraire d'un enfant, pas toujours gâté par la vie,
se parcourt d'une traite jusqu'au point final qui, d'ailleurs, n'en
est peut-être pas un.
Extrait : «On n'avait pas la télé à la maison. On allait la voir chez les laïcs,
du côté du Montgris. Encore un nom à coucher dehors. J'crois que
personne n'a jamais su vraiment comment ça s'écrivait. De toute façon,
ça ne formait qu'un mot dans la bouche des gens. Comme quand tu dis
capédépé pour un film où tu vois Belmondo ou Delon ridiculiser une
baderne en uniforme tout en montant sur les tables et en escaladant des
charrettes de foin et des toits de tuile. Toujours avec le sourire. Et à un
contre dix.
Au Montgris, il y avait une salle avec des bancs de bois et une télé haut
perchée pour que tout le monde l'aperçoive. Je ne dis pas voir, exprès.
Car au dixième rang, t'avais déjà du mal à mettre un nom sur les têtes
d'épingle en noir et blanc qui passaient sur l'écran...»