Précarités : contraintes et résistances

Précarités : contraintes et résistances
Nombreuses sont les recherches suscitées par la précarité
engendrée par les nouvelles formes d'emploi imposées par
les employeurs, par l'effritement du Droit du Travail, par le
remplacement des salariés par des machines et la délocalisation
des usines... Il s'agit là d'une indéniable précarisation
du rapport des salariés à « leur » emploi ; ou plutôt d'une
re-précarisation , car tout au long de l'histoire du capitalisme, ce
rapport a été le plus souvent temporaire et précaire.
Ce n'est en effet qu'au cours des décennies de croissance
économique forte et de stabilisation du salariat - pour la
France, la période 1955-1975 - qu'il avait fini par se consolider
véritablement, plus en France, en Belgique, dans les pays
scandinaves ou au Japon que dans les pays anglo-saxons ou ceux
de l'Europe du Sud.
Ces analyses sont ici reprises et approfondies dans la première
partie de l'ouvrage, qui regroupe les contributions d'une quinzaine
de chercheurs. Dans les deux autres parties, des questions
importantes, mais bien moins souvent traitées, concernent d'une
part la précarisation des modes de vie , notamment familiaux,
qui peut finir par détruire leurs fragiles équilibres et conduire
individus et familles entières vers le surendettement, la perte des
droits sociaux et la glissade vers l'exclusion sociale ; et d'autre
part, question essentielle, ce que font familles et individus pour
résister à ce processus de précarisation généralisée.