Le vrai goût de la vie

1944 : l'année la plus longue, pour une famille de
«métayers du château», dans un village du
Périgord. Il y a le père, malade, la mère, Émilie, belle
et jeune femme, un peu fantasque, et l'enfant,
Vincent.
Vincent a onze ans. Il est vif, malin, un rien chapardeur
; petit animal sauvage, toujours cavalant à
travers les collines et les combes, toujours aux
aguets, il voit tout, il sait tout. Où se situe le camp
des résistants, nombreux dans les bois d'alentour ;
où sont cachées des armes dans le grenier... Et ainsi,
à travers le regard de l'enfant agile, c'est tout un
monde secret qui s'anime.
Parfois on voit surgir une petite colonne allemande.
Ainsi, l'oncle Fred est tué. A-t-il été dénoncé,
et par qui ? Tout le monde soupçonne tout le monde,
en ces temps pleins de «passions et de haines», mais
aussi de mystères.
Des mystères que jamais Vincent ne percera vraiment...
Il aura seulement appris que la vie a le goût
des kakis, ces petits fruits qu'on appelait alors les
«oranges de guerre», délicieux lorsqu'on y mord,
âcres comme du fer quand on a fini de les mâcher.
Un roman qui sonne juste et vrai comme une histoire
vécue.