Circuler dans la société numérique : droits et limites : actes du colloque du 1er avril 2010

A l'heure du développement massif des technologies numériques, peut-on
encore circuler librement ? Les instruments quotidiens de communication
ou de déplacement (pass navigo, carte bancaire, téléphone portable...),
les dispositifs de biométrie, les procédés de géolocalisation des personnes
et des biens, les systèmes de vidéosurveillance... permettent, en effet,
de «tracer» les personnes dans l'espace. Ce traçage ne constitue-t-il
pas une altération des droits de la personne en mouvement et, plus
particulièrement, du droit à la vie privée et de la liberté d'aller et venir ?
L'intensité du risque d'atteinte aux libertés est-elle la même selon que
le traçage est subi ou consenti ? Selon qu'il se réalise par le biais d'une
technologie ou par la combinaison de plusieurs ? Selon qu'il fait appel à
des dispositifs quasi-invisibles ou pas ? Sans remettre en cause l'existence
même de ces technologies et le progrès qu'elles constituent, ne convient-il
pas de déterminer un juste équilibre entre les impératifs économiques
et sécuritaires - qui fondent le traçage - et la préservation des libertés
individuelles ?
C'est à l'ensemble de ces questions que des universitaires, membres de
la CNIL, magistrats, ingénieurs-concepteurs de technologies, autorités en
charge de la sécurité publique, employeurs de salariés «en situation de
mobilité» ont tenté de répondre dans cet ouvrage.. Le croisement de leur
point de vue en fait sa richesse et il permet une réflexion objective sur le
sujet et la délivrance d'informations souvent inédites. Ici, le choix a été
fait d'aborder la question du traçage physique dans l'espace sous l'angle
des individus susceptibles d'être tracés : le salarié (essentiellement celui
qui est amené à se déplacer, tel le chauffeur routier ou le commercial),
le délinquant (suspect ou condamné bénéficiant d'un aménagement de
peine), l'usager des transports, et la personne vulnérable (nouveau-né,
personne âgée ou malade).
Au-delà des juristes intéressés par ces problématiques, cet ouvrage
s'adresse aux citoyens soucieux de la sauvegarde de leurs libertés
individuelles dans la société numérique d'aujourd'hui et de demain.