Les beaux suivants

Les beaux suivants interroge d'abord le souvenir : celui de ceux
qui sont partis à tout jamais et dont le moindre objet, tel un
révélateur, ressuscite la vivante présence :
Voici que l'on parle
De celui qui n'habite plus le manteau
Accroché là
Comme un silence
Qui aurait pris corps
Et pourtant point de tristesse (à tout le plus une pointe de
mélancolie) dans ce recueil où l'en-allé(e) revit soudain et, à
travers l'épaisseur de la tendresse, reprend corps dans la Présence
même si :
On pense à tous ceux
que nos chiens d'encre
n'ont pas ramenés au jour.
Et qui sont donc ces beaux suivants sinon ceux qui suivaient
autrefois les lents corbillards, qui les suivent encore, y compris du
bout de leur mémoire et du bout de leur plume ? Chaque poème
résonne ici comme un vitrail.
Silvaine Arabo
Il manque quelqu'un
Un qui veillait avec nous
Sur la hauteur
C'était il y a tant de feuilles
Nous n'avions juste
Qu'un fragment du monde
A travers les branches
Qui tremblaient un peu
Sous la merveille.
Louis Raoul, extrait de
Les beaux suivants