Sport, colonisation et communautarisme

Dans l'île Maurice des années 1940, la structuration de la société sur
des bases communautaires a permis à la minorité franco-mauricienne
d'acquérir une position dominante très proche du colonisateur britannique.
Que ce groupe social fonde une fédération sportive, concomitamment
de la révision constitutionnelle octroyant le droit de vote à
l'immense majorité d'origine indienne, ne peut qu'interpeller !
Comment et pourquoi cet organisme évolue vers la gestion du sport
national et international ? Quels enjeux politiques, économiques ou
sociaux expliquent la croissance de ce mouvement sportif, limité à
quelques privilégiés ? Quelles ont été les réactions ?
Cet ouvrage souligne la spécificité de l'île Maurice. Le sport n'y est
pas un outil d'acculturation mais un élément de positionnement dominant.
Pendant les périodes pré et post Indépendance, il devient le miroir
de la construction identitaire et des luttes de pouvoir. Le communautarisme,
omniprésent, sert chaque communauté au gré de ses intérêts du
moment. Mais, il sait aussi s'effacer, comme dans les secteurs industriel
et scolaire et présenter une autre image des relations sociales.
Bousculant quelques non-dits, cette histoire du mouvement sportif,
par son regard novateur, participe à une compréhension plus fine de l'édification
de la nation mauricienne.