Croque-vie

Dans «Casimir l'ardéchois» nous avions laissé
Casimir (vieux parpaillot républicain de la seconde
moitié du siècle dernier), sa femme Lydie et surtout
son petit-fils «Calamité» (Raymond Crouze de son
vrai nom), alors que ce dernier quittait le logis familial
du hameau de Rebatet pour aller louer ses services à
Lamastre.
«Croque-vie» (surnom qu'on lui donnera à l'armée),
nous replonge dans sa vie avec le même plaisir
qu'à la lecture du premier volume. C'est le temps des
premiers sous gagnés chez le meunier de Mariguet, des
premières amours, et aussi celui de l'armée. Appelé
d'abord à Tournon où il découvre le Rhône, Croque-vie
partira trois ans comme zouave en Afrique. Revenu à
Lamastre, il participera à la construction de la voie ferrée
du Mastrou, d'abord comme manoeuvre puis
comme employé aux écritures. Et nous quitterons à
nouveau «Calamité-Croque-vie» alors qu'il achète une
épicerie à Lamastre après avoir fêté ses accordailles - à
l'ardéchoise - avec Bertille.
«Croque-vie» est aussi l'évocation de la vie de toute
une région, ponctuée de vieux dictons en patois de là-haut.
Un ouvrage savoureux et réjouissant, comme Guy
Dürrenmatt sait nous en offrir. De plus, le récit est enrichi
de très nombreuses reproductions de sa magnifique
collection de vieilles cartes postales qui illustrent parfaitement
les différents épisodes de l'existence de
Croque-vie.