Histoire de la chasse : l'homme et la bête

Le monde a changé. Longtemps, la société célébra le chasseur qui
combattait les fauves et lui procurait du gibier. Les exigences de la chasse
rythmaient alors les travaux et les jours de nos ancêtres. Elles supposaient
un solide entraînement et une excellente connaissance de
la nature et des animaux. Le comte de Foix Gaston Phébus, avec qui
s'ouvre cette passionnante histoire de la chasse, fit de cette pratique
un art qui inspira des générations de rois et de nobles. Les veneurs et
leurs meutes galopant à travers prés et bois constituaient un spectacle
familier aux hommes de l'Ancien Régime. La chasse participait de
l'éducation des princes, les préparait à la guerre, les familiarisait avec
la mort.
Jusqu'à la Grande Guerre, le droit de chasse refléta l'inégale organisation
de la société et les disparités régionales. Depuis, l'urbanisation
intense de la France et le développement industriel ont transformé la
relation des hommes aux bêtes, à la nature, à la chasse. L'animal issu
parfois d'élevage n'est plus si sauvage... Certaines espèces prolifèrent
au point de compromettre les forêts et les cultures environnantes.
Des chasseurs sont saisis de doute face aux défenseurs de la nature qui
dénoncent une pratique barbare. En Europe, en France notamment, les
nouvelles politiques qui préservent les espèces menacées et réintroduisent
les espèces éteintes suscitent bien des résistances. Ainsi, au fil du temps,
et contre toute attente, la chasse dont l'histoire paraissait révolue est
devenue un enjeu majeur pour les régions et ses répercussions politiques
ne sont pas minces.