Autorités et entreprises suisses face à la guerre du Viêt Nam, 1960-1975

Quatre ans avant la fin de la guerre du Viêt Nam, la Suisse reconnaît
le Nord Viêt Nam, cela bien avant la plupart des pays occidentaux.
Pourquoi le gouvernement suisse agit-il avec un tel empressement,
alors qu'il tardera encore plusieurs années à reconnaître la Corée du
Nord et l'Allemagne de l'Est ?
Pour comprendre les enjeux de cette décision, il faut remonter aux
Accords de Genève qui mettent fin à la guerre d'Indochine et dont
la Suisse fut l'État hôte. En fait, la diplomatie Suisse nourrit l'espoir
d'accueillir une conférence de paix pour mettre un terme à la guerre du
Viêt Nam. Il lui faut pour cela établir des relations diplomatiques avec
Hanoi, l'ennemi de Washington. Mais l'embargo américain contre le
Viêt Nam communiste contraint la Suisse à manoeuvrer avec prudence,
entamant un rapprochement à petits pas avec le régime du Nord, tout
en préservant ses échanges commerciaux avec le Sud et surtout avec
les États-Unis. Pour la Suisse, l'enjeu est important, puisque de nombreuses
entreprises livrent à Washington des pièces d'horlogerie destinées à
l'effort de guerre au Viêt Nam.
Ce livre étudie les réflexions et les actions de la diplomatie suisse dans
le cadre de la guerre du Viêt Nam.