La souffrance au travail : osons le dire !

Fatigue, stress, surmenage, manque de considération
et de reconnaissance, promesses d'augmentation et
d'évolution non tenues, ces trente dernières années les
conditions de travail de millions d'hommes et de femmes
ont été bouleversées. L'individualisation a remplacé le
travail collectif. La mise en compétition des salariés a
chassé la solidarité déjà fragile. La réussite individuelle
a été récompensée. La surcharge de travail est appelée
«défi», «challenge». Dans cette ambiance, faire preuve
d'indépendance d'esprit est suspect. Les nouvelles
méthodes de gestion engendrent une dureté et une
déshumanisation des relations de travail.
Il a fallu un siècle de luttes syndicales et de combats
politiques pour encadrer les conditions de travail
et protéger les salariés. Mais rien n'est jamais conquis
durablement, tout est rapport de force syndical et politique.
Aujourd'hui, la domination totale de la finance rend l'action
difficile. La rapacité est devenue priorité. Guizot disait
« enrichissez-vous ». Il faudrait dire « goinfrez-vous ». La
course au profit aboutit à une logique de création de capital
par destruction d'emplois. Le marché détruit l'emploi.
Osons le dire !