Les jours derrière la montagne

Dans les maisons de schiste et de granit du hameau de
Ladreyt, il ne reste qu'une vingtaine d'habitants. À la fin de
l'été, l'eau se fait rare et l'herbe manque, puis viennent les
violentes pluies d'automne, qui transforment la rue en
torrent. Parfois, un éboulement coupe le hameau du reste du
monde pendant quelques jours. Chèvres, moutons,
châtaignes et vignes assurent la subsistance. Dans ce monde
dur, l'entraide règne par obligation, ponctuant un quotidien
routinier. Jusqu'au jour où un "étranger" vient s'installer à la
Bastide. Sous le regard de Noëlle, discrète jeune femme de
la ville qui se réfugie souvent dans la maison de ses
ancêtres, les jalousies vont s'exacerber jusqu'au drame fatal.
"L'étranger n'avait pas bougé, il lui déplaisait de forcer
l'animal traqué, et il posa le fusil du père de Jules pour
s'appuyer à un tronc de châtaignier. Sous le couvert, les
feuilles mortes étendaient sur la mousse un tapis chatoyant
; un pivert piquait obstinément un arbre voisin.
Les cris des chiens lancés à la poursuite de la bête
s'étaient éloignés, et une grande paix enveloppait le bois.
L'étranger entendit marcher et vit Noëlle."