Le blanc en littérature

Les poètes de la modernité, depuis le Coup de dés de Mallarmé et les
«calligrammes» d'Apollinaire n'ont eu de cesse - tout comme leurs complices, les
peintres - d'interroger ce singulier espace qui a perdu ses certitudes euclidiennes
pour s'apparenter à ce que les mathématiciens qualifient aujourd'hui du joli mot
de «fractales».
Le blanc, loin d'être une source et une ressource à usage purificateur,
est devenu une arme qui nous dessaisit de nos certitudes, qui nous ouvre des
territoires complexes et qui balise parallèlement la trajectoire qui nous mène du
même à l'autre.
Les textes qu'on a pu entendre au Château de Saché et qui sont ici réunis ont
l'ambition d'approcher, voire de percer, les secrets d'un blanc qui, émanant des
pelouses virginales du grand parc balzacien, s'est durablement immiscé dans les
rêveries, a balayé les concepts péremptoires et fragiles, et s'est finalement imposé
comme le tremplin majeur de l'esprit poétique.
Daniel Leuwers