Saga : Le Corbusier

Le 27 août 1965, Roquebrune-Cap-Martin, il est
neuf heures du matin. Charles-Édouard Jeanneret,
dit Le Corbusier, entre dans la mer. À dix heures, son
corps sans vie sera retrouvé flottant près du rivage.
Lors de ce dernier bain, précédant sa mort, le grand
architecte, alors âgé de soixante-dix-huit ans, voit sa
vie défiler devant ses yeux. Dans une apparente
confusion, produite par la mémoire de ses émotions,
il retrouve les êtres qui ont compté pour lui.
Surgissent en particulier sa mère et toutes ces
femmes qui ont profondément marqué son oeuvre
picturale, littéraire et architecturale. Sans regret, sans
la moindre culpabilité, il traverse une ultime fois,
comme dans un songe, cette planète qu'il a parcourue
en long et en large, sur terre comme dans les airs.
À La Chaux-de-Fonds, qui l'a vu naître, à Paris où il
vit, à Ronchamp, dans sa chapelle où s'exprime son
refus de Dieu et sa foi en la matière, en passant par le
Vichy du maréchal Pétain et le village de Corseaux,
où vécut longtemps sa «chère petite maman», Le
Corbusier se souvient, en toute bonne conscience,
sans même l'idée d'une remise en question. Avec
insistance, quatre villes, Alger, Rio, New York et
Chandigarh, traversent en images le film accéléré de
son puissant désir créateur.
Sentant ses forces l'abandonner, il laisse venir
en lui cette eau qui, dit-il, finit par avoir raison de
tout.
Fruit d'une longue enquête sur la vie et l'oeuvre
de Le Corbusier, ce livre rassemble une série d'événements
qui se sont réellement produits. Leur interprétation
relève de l'inspiration libre du romancier
qui s'approprie ainsi l'une des plus étonnantes sagas
du XX<sup>e</sup> siècle.