Restaurer l'empathie chez les mineurs délinquants

Nous vivons un temps où parents et professionnels
tendent à nier l'intérêt éducatif de l'expérience mesurée
de la frustration et de la douleur. Pourtant, en l'absence
de limites, de nombreux jeunes déversent violemment,
dans un sentiment de toute-puissance, un certain nombre
d'angoisses qui les tiraillent dans leur rapport à autrui.
Incapables de faire preuve d'empathie à leur égard, ils
traitent les autres en objets.
Une fois constatée l'existence d'un lien entre le défaut
contextuel et momentané d'empathie et la délinquance
juvénile, l'auteur propose la mise en scène d'expériences
partagées de douleurs physiques, générées par la pratique
sportive et associées à des temps de parole. Cette clinique
éducative contribue à restaurer chez les mineurs
délinquants la disposition à percevoir les composantes
et les significations émotionnelles de l'autre, et donc la
disposition à plus d'empathie.
Pour vérifier l'intérêt de la douleur physique sportive
empathisante, les observations menées ont été
complétées par des tests et des entretiens avec des
jeunes et des professionnels des établissements qui ont
accueilli favorablement ce projet : surveillants de prison,
animateurs, éducateurs et psychologues. C'est à ces
derniers que s'adresse en premier lieu cet ouvrage, ainsi
qu'à toute la communauté éducative confrontée à la
violence des mineurs.