Les paroisses parisiennes devant la séparation des Eglises et de l'Etat : 1901-1908

En cette année de commémoration du centenaire de la loi de
Séparation des Églises et de l'État (9 décembre 1905), il n'est pas inutile
d'approfondir les enjeux politiques et sociaux des conflits qui ont abouti à
cet acte législatif. En effet, celui-ci a modifié radicalement les rapports entre
l'Église catholique et l'État français. Sans négliger l'apport essentiel de
l'histoire politique et religieuse générale, on peut aussi privilégier une
lecture de l'événement plus enracinée dans le vécu des paroisses.
Le choix qui a été fait concerne un espace circonscrit mais ô combien
capital : le Paris foisonnant et diversifié des paroisses. S'appuyant sur des
sources documentaires encore peu exploitées : bulletins paroissiaux, revues
ecclésiastiques, minutes des conférences publiques, rapports de police...
l'auteur restitue tout un pan de la vie des paroisses parisiennes de 1901 à
1908.
«Le véritable psychodrame qu'a représenté pour les Français
catholiques le processus de Séparation est ici bien illustré par ses
événements parisiens décrits depuis l'expérience des communautés de base,
les paroisses emmenées par leurs curés, et à leur tête, l'archevêque», écrit
Valentine Zuber dans la préface de l'ouvrage.
Si, à la veille de la Séparation, l'Église catholique parisienne s'implique
dans tous les registres de l'activité humaine, la Séparation va lui permettre
d'enclencher un processus de transformation interne : libérée de la tutelle
administrative de l'État, ayant davantage à assumer ses besoins matériels,
l'institution ecclésiale va donner naissance à une Église qui propose la foi
plutôt qu'elle ne l'impose. Ainsi la laïcisation deviendra peu à peu une force
de régulation permanente des rapports entre les Églises et l'État.