Psychologie et psychologisme

Le terme «psychologisme» désigne la prétention de fonder la
logique dans la psychologie, la vérité dans les lois psychologiques
de la pensée en tant qu'activité d'un sujet psychologique.
La conséquence souvent déplorée est que la connaissance - et donc la
vérité - deviennent dépendantes de ce sujet. À la base de ce débat se
trouve un paradoxe : d'une part la logique est une des dimensions de la
pensée, régie elle-même par des lois psychologiques ; d'autre part, la
psychologie prétend être une science et doit donc se soumettre aux lois
de la logique. Si les arguments antipsychologistes formulés à la fin du
XIX<sup>e</sup> siècle par Bolzano, Frege et Husserl sont justes, nous proposons ici
une réflexion sur les effets de cette critique sur la psychologie en tant que
domaine de recherche philosophique. La psychologie, cette «science des
phénomènes psychiques» selon Brentano, se réduit-elle à une prétention
psychologiste sur la connaissance ? Y a-t-il des questions que la
psychologie soulève et se donne les moyens de résoudre, qui
font de la psychologie un domaine légitime et fécond de la philosophie ?
Faut-il, en somme, être psychologiste pour être psychologue ?