Education et théorie morale

Cet ouvrage prend son point de départ dans l'idée platonicienne d'un
«devoir vis-à-vis de l'être» constitutif de toute éthique en même temps
que de l'acte d'apprendre et du processus de l'éducation. Il s'interroge sur
ce qui subsiste de la possibilité historique d'une éducation morale en son
sens le plus radical, à savoir d'«une éducation libre qui conduise a la
liberté». S'adressant d'abord au dernier Husserl, mais aussi à Paul Valery,
à Heidegger et à Wittgenstein, l'auteur interroge ensuite la figure de la
communauté éducative chez Herder, Jean-Paul Richter et les penseurs
de la Communauté d'aujourd'hui, puis sur les formes de «la genèse et
la transmission de la Loi» (avec notamment Cicéron, Hume, Kant,
Schleiermacher, Kelsen, Gadamer et les critiques contemporains), enfin
sur le rapport de l'éducation à la liberté (avec Montaigne, Humboldt,
Nietzsche, Hannah Arendt, B. Williams mais aussi Derrida et Thomas
Bernhard).
Ce parcours complexe aboutit à une pensée originale de la «spectralité» :
Qu'est-ce que l'éthique de l'éducation ? Elle est l'écoute de voix peu
audibles, qu'elles proviennent du passé, du présent ou du futur, en
lesquelles nous avons décidé d'être confiants parce qu'elles ne nous
promettent rien d'autre que de «s'entretenir avec nous sans nous couper
la parole».