Bureaucratie

« Toute réforme pour réduire l'ingérence de l'État aura pour effet ultime
d'accroître le nombre de réglementations et le volume total de paperasse. »
Après le succès de Dette : 5000 ans d'histoire , David Graeber revient avec un texte
passionnant et à rebours des idées reçues sur l'emprise de la bureaucratie dans
nos sociétés contemporaines.
Comment en sommes-nous arrivés, dans une société dite libérale, à passer une
grande partie de notre temps à remplir de plus en plus de formulaires ? Et à
quel point nos vies sont-elles gâchées par toute cette paperasserie sans fin ?
Pour répondre à ces questions, l'auteur s'intéresse à l'histoire de notre rapport
singulier à la bureaucratie et révèle comment elle façonne nos vies à tel
point que nous n'en avons même plus conscience. L'inanité de cette paperasse
est-elle symptomatique de la violence étatique ? Ou ne serait-elle pas plutôt un
instrument du capitalisme, financier notamment, qui exercerait son contrôle à
travers elle pour asseoir son pouvoir.
Sur la technologie, Graeber développe également l'idée que le capitalisme
néolibéral a freiné délibérément la technologie, et l'a détournée de ce qu'il
appelle les «technologies poétiques» (créatrices) au profit des «technologies
bureaucratiques» (de surveillance, de discipline, du travail et de tâches administratives)
: les impératifs administratifs sont donc devenus non les moyens,
mais la fin du développement technologique.
Un livre essentiel pour comprendre notre temps. Bureaucratie sera à n'en pas
douter au coeur du débat sur les institutions qui régissent nos vies... et du monde
meilleur et plus libre que nous devrions peut-être commencer à imaginer.