Les irradiés de Béryl : l'essai nucléaire français non contrôlé

Si le débat sur l'avenir de l'atome a été relancé à la suite du dramatique accident de Fukushima
au Japon, il gagne aussi à être éclairé à l'aune de nos propres échecs. La France, forte de son rang
de championne mondiale du nucléaire civil, ne peut en effet prétendre à l'infaillibilité.
1<sup>er</sup> mai 1962. Le Commissariat à l'énergie atomique, assisté par l'armée française, réalise un essai
nucléaire d'une importance capitale, baptisé Béryl. Le tir a lieu dans le plateau semi-désertique
du Hoggar, en Algérie, alors que ce pays vient tout juste d'accéder à une indépendance
chèrement acquise.
L'événement auquel assistent deux ministres, Pierre Messmer et Gaston Palewski, tourne à la
catastrophe. Tout est prévu pour que l'explosion soit confinée à l'intérieur de galeries creusées
dans la montagne du Tan Affela. Mais un immense nuage noir et radioactif s'en échappe. Il se
dirige sur la tribune d'honneur et c'est le sauve-qui-peut.
C'est cette histoire que racontent les auteurs de ce livre. Ils écrivent pour témoigner et parce
que le temps est compté, pour tous. En particulier pour des milliers de victimes irradiées qui
tentent d'établir face à l'Armée et l'État que leur irradiation a induit des maladies graves.
À leurs tourments physiques s'est ajouté un interminable parcours judiciaire et calvaire moral.
Beaucoup n'y ont pas survécu. Le ministère de la Défense devrait prononcer ses premières
décisions d'indemnisation début juin 2011...