Novgorod ou La Russie oubliée : une république commerçante (XIIe-XVe siècles)

Novgorod ou La Russie oubliée : une république commerçante (XIIe-XVe siècles)

Novgorod ou La Russie oubliée : une république commerçante (XIIe-XVe siècles)
2015461 pagesISBN 9791092364156
Format: BrochéLangue : Français

Le présent ouvrage réunit les contributions de spécialistes universitaires, aussi bien

nord-américains qu'européens, en une synthèse agrémentée de diverses cartes et

illustrations, qui voudrait présenter au grand public les différentes facettes de cette

page d'histoire remarquable, mais trop souvent oubliée, du Nord-est de la Rous'

médiévale. Du XII<sup>e</sup> au XV<sup>e</sup> siècles, Novgorod-la-Grande, dont le territoire s'étendait

jusqu'à la mer Blanche et à l'Oural, était au carrefour des mondes scandinave,

occidental, mongol et byzantin. Elle traitait quasiment d'égal à égal avec les puissances

commerciales et politiques de son temps. Elle fut à la fois un important

foyer culturel, artistique aussi bien qu'économique, un incontournable comptoir de

la Hanse, et un centre dont les produits (fourrures, cire...) étaient diffusés dans

toute l'Europe. De nombreux monastères marquèrent la cité de leur empreinte et

les arts virent fleurir une école d'icônes, une tradition musicale propre, un genre

particulier d'épopée : les bylines, notamment celle du négociant Sadko, joueur de

gousli auprès du roi des mers.

Pendant les trois siècles que dura son rayonnement, la ville connut un régime

républicain original, formé par un gouvernement mixte associant les boyards aux

assemblées populaires, sans le soutien duquel le prince ne pouvait prendre aucune

mesure importante. Elle se dota même, par la suite, d'un organe d'État représentatif

indépendant, le vetché, qui choisissait et révoquait son prince, désignait

son archevêque : un système de contre-pouvoirs, appuyé sur une diplomatie qui

pratiquait une politique de bascule, dans le souci de préserver l'indépendance de

la cité, d'assurer sa prospérité, de favoriser son rayonnement. Suscitant pourtant

la convoitise de ses voisins (chevaliers teutoniques, Suédois, Lituaniens et principautés

russes alentour), elle fut finalement conquise par la Moscovie en 1478.

Que reste-t-il aujourd'hui de cette page originale et méconnue de l'histoire européenne

? La démocratie est parfois présentée comme source de désordre et

d'anarchie, si bien qu'une certaine école laisse entendre qu'elle ne serait pas

adaptée à la Russie, censée devoir être gouvernée d'une main de fer. Au contraire,

le livre tend à montrer, à travers son approche plurielle et décentralisée, que les

Russes ont connu une expérience prolongée de la démocratie, qui mérite d'être

largement valorisée auprès du grand public. Et ce livre de suggérer que, cette histoire,

si elle n'était plus oubliée, pourrait peut-être permettre un jour à la Russie de

se tourner à nouveau vers Novgorod.

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