Être, essence et contingence

Être, essence et contingence

Être, essence et contingence
Éditeur: Belles lettres
2006430 pagesISBN 9782251181035
Format: BrochéLangue : Français

Au XIII<sup>e</sup> siècle, la Faculté de théologie de l'Université de Paris

a été le lieu de débats philosophiques majeurs. Investis de la plus

haute autorité en matière d'exégèse, les théologiens ont questionné

la philosophie massivement héritée des mondes grec et arabe à partir

du XII<sup>e</sup> siècle. Ils l'ont confrontée aux standards de la culture

latine, dominée par les figures d'Augustin et de Boèce. Les textes

traduits ici sont les pièces d'une discussion qui a opposé trois des

maîtres les plus influents de ce temps. Ils datent des années 1286-1287

et constituent la version rédigée de la première querelle sur

l'être et l'essence en Occident latin. Déjà en 1250-1260, Thomas

d'Aquin avait établi une distinction entre l'être - l'acte d'exister -,

et l'essence - la détermination qui fait d'une chose ce qu'elle est,

un homme, une rose, etc. En 1286, Gilles reformule cette distinction

sur de nouvelles bases. Dans le contexte d'un néoplatonisme

converti aux exigences de la théologie chrétienne, il considère l'être

comme une forme réellement ajoutée à l'essence simple - la rose en

soi - pour la faire exister dans la réalité concrète. Henri de Gand

combat cette distinction, qu'il juge outrée, en associant Avicenne au

souci de la contingence (Dieu est libre de créer le monde qu'il veut).

Godefroid de Fontaines rejette aussi la distinction réelle, mais pour

revenir à ce qu'il considère comme la stricte orthodoxie philosophique.

Convoquant les enseignements des philosophes des années

1270 (Siger de Brabant), il confine la distinction entre «être» et

«essence» dans le champ de la sémantique. Au cours de ce débat,

la temporalité et la contingence se sont installées au coeur des questionnements

philosophiques.

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