Les puissances mondiales sont-elles condamnées au déclin ? : communications prononcées lors des entretiens de l'Académie des sciences morales et politiques au palais de l'Institut de France, le lundi 12 décembre 2011

L'histoire semble montrer que les grands pays, parvenus à un
certain degré de puissance et de développement, sont poussés
à se «mondialiser» et à depasser de fait leurs capacités réelles.
Inéluctablement, ce processus les conduit au déclin, qui n'est en
somme que l'effet direct de leur sur-engagement.
Mais derrière cette hypothèse très générale d'un couple logique
«mondialisation - déclin» apparaissent immédiatement d'importantes
différences. Les exemples britannique et américain frappent à première
vue l'esprit, comme correspondant à cette hypothèse alors que la
Russie, l'Allemagne ou la Chine évoquent des évolutions beaucoup
plus complexes.
Rien n'est univoque : la mondialisation est en général comprise
comme un phénomène de nature économique, mais elle comporte
aussi des aspects militaires et idéologiques. Elle peut d'autre part être
considérée comme hégémonique, être rejetée, ou être équilibrée par
un engagement régional. Quant au déclin, il peut être conçu comme
absolu ou relatif, voire être accepté comme étant la marque d'un
rattrapage normal par les pays émergents.