La loi Edgar Faure : réformer l'université après 1968

S'il existe de nombreux ouvrages sur l'enseignement supérieur en France, la loi qui
fonde l'Université de la seconde partie du XX<sup>e</sup> siècle n'avait en revanche pas encore
fait l'objet d'une investigation systématique.
Pour comprendre cette loi, il est d'abord nécessaire de la replacer dans un contexte
particulier pour l'enseignement supérieur. Comment le pouvoir gaulliste a-t-il fait
face au défi de la massification des étudiants dans les années soixante ? Des projets de
réforme ont existé avant la loi Faure mais ils n'apportaient que des solutions conjoncturelles
aux problèmes soulevés et aucun n'a eu cette volonté de structuration présente
dans la loi Faure.
Les événements de 1968 ont cristallisé les interrogations, y compris au plus haut
niveau de l'État entre Charles De Gaulle et Georges Pompidou, notamment sur des sujets
aussi sensibles que la sélection à l'entrée des formations. L'examen de cette loi «libérale»
constitue le second temps de cette analyse : préparation rapide du projet dans un cabinet
ministériel en pleine ébullition, débats au Parlement, réactions d'opposition des étudiants
de droite. Tout cela aboutit finalement à une loi peu ou mal appliquée, compte-tenu de
la réaction des syndicats enseignants, de la mise en oeuvre difficile dans les établissements,
à Nanterre par exemple, ou encore des difficultés à faire respecter la nouvelle
autonomie des universités.
Les conclusions auxquelles sont parvenus les auteurs sont paradoxales : on est passé
de l'Université aux universités - en regroupant les facultés - en dérogeant aussi parfois
à la loi même - par la création d'universités de technologie. Mais surtout la loi Faure a
posé des questions encore d'actualité dans l'enseignement supérieur français, telles que
le défi de la massification des étudiants ou l'autonomie des universités.