Madame Bovary

Madame Bovary

Madame Bovary
Éditeur: Le Figaro
2009ISBN 9782810501250
Langue : Français

C'est un géant. La taille haute, le corps massif, le regard

clair, Flaubert, né la même année que Baudelaire à

l'hôtel-Dieu de Rouen où son père est chirurgien, est

le Viking de notre littérature.

Il consacrera cinq ans à Madame Bovary , rivé à sa table

de travail, moine au service de l'art, écrivant quelques

lignes par jour, raturant, reprenant, corrigeant

inlassablement, se tuant à la tâche. Comme Stendhal

ou Baudelaire, Flaubert cherche une issue au

romantisme. Il l'achève, aux deux sens du mot, comme

Bonaparte achève la Révolution : il l'accomplit et il y

met fin. Madame Bovary se situe à la jonction entre

romantisme et naturalisme.

Madame Bovary paraît d'abord en 1856 dans la Revue

de Paris , fondée par Maxime Du Camp quelques

années plus tôt. Du Camp, toujours amical, avait écrit

à Flaubert : «Tu as enfoui ton roman sous un tas de

choses bien faites, mais inutiles. On ne le voit pas

assez. Il s'agit de le dégager. C'est un travail facile.

Nous le ferons faire sous nos yeux par une personne

exercée et habile.» Au dos de la lettre de Du Camp,

Flaubert écrivit simplement : «Gigantesque».

Dans le rôle inattendu de critique littéraire, M<sup>gr</sup>

Dupanloup, cité par les Goncourt, crée la surprise en

voyant plus juste que Du Camp : « Madame Bovary ?

Un chef-d'oeuvre, Monsieur. Oui, un chef-d'oeuvre

pour ceux qui ont confessé en province.»

Avec Balzac, le visionnaire, avec Stendhal, le Milanais

égoïste et mélomane, Flaubert, le bûcheron, le

besogneux qui sent l'huile, diront ses adversaires, le

patron, diront ses partisans, est l'un des trois fondateurs

de notre roman moderne.

Jean d'Ormesson

de l'Académie française

Ce livre est proposé par (0) membre(s)
Ce livre est mis en favori par (0) membre(s)