L'abbaye d'Orval, au fil des siècles

Le Val d'or est l'un de ces lieux enchanteurs dont l'étrange force de séduction remonte aux temps les plus reculés. Les populations qui en ont subi l'attrait, paraissent avoir honoré d'un culte la source abondante et claire qui jaillit au flanc du vallon. Des bénédictins venus d'Italie y ont inauguré la vie monastique en 1070, relayés par quelques chanoines réguliers vers 1108-1110, puis par les cisterciens venus de Trois-Fontaines en 1132 ; ce sont eux surtout qui ont fait d'Orval un haut lieu monastique. Leurs bâtiments étaient plutôt modestes par rapport à d'autres abbayes cisterciennes, mais ils ont créé de vastes exploitations agricoles et ils étaient largement possessionnés dans l'ancien Luxembourg, en Lorraine, en France et jusque dans le pays de Liège ; leur industrie sidérurgique a même atteint le premier rang dans cette partie de l'Europe ; cependant leur meilleur titre de gloire est la réforme qu'ils ont largement développée depuis la fin du XVI<sup>e</sup> siècle. Guerres et incendies, pillages ne les ont pas épargnés matériellement, mais la crise janséniste a été leur épreuve la plus profonde. La sauvagerie révolutionnaire a tenté d'anéantir sept siècles de rayonnement monastique, elle n'a pu en atteindre la source profonde. En 1926, les cisterciens sont revenus dans le vallon où ils continuent à ranimer la flamme séculaire.