Pétersbourg

Pétersbourg

Pétersbourg
Éditeur: Age d'homme
2010367 pagesISBN 9782825140659
Format: BrochéLangue : Français

Né en 1880, Andréi Biély fut avec Alexandre Blok un des chefs de file de la

seconde génération symboliste en Russie. Mais son art de la métaphore, son

écriture novatrice font surtout de lui un des maîtres du futurisme russe et de la

«prose ornementale» des années vingt en URSS. En 1902, ce fils d'un célèbre

mathématicien, lui-même étudiant en sciences naturelles, scandalise le public

en publiant une insolite Symphonie dramatique. Comme Blok, il exprime dans

ses vers le refus du «monde terrible», et l'appréhension du «châtiment».

Les poésies de Cendres , simples et poignantes, furent inspirées par l'échec

de la première révolution russe. Mais esprit universel, homme-orchestre

prodigieusement doué, conscience perpétuellement torturée, Biély n'est pas que

poète. Son roman La Colombe d'Argent (1910) est un récit incantatoire inspiré

par «la face sombre» de la Russie, celle des sectes clandestines et sauvages.

L'oeuvre romanesque de Biély atteint son sommet avec Petersbourg ,

où l'obsession maladive de la «provocation» s'exprime dans un univers

constructiviste qui ressemble à un labyrinthe. Le livre n'était pas achevé que

Biély, esprit perpétuellement assoiffé, se convertissait à l'anthroposophie que

venait de fonder un théosophe dissident, Rudolf Steiner. Avec une humilité

monacale, il construit à Dornach, en Suisse, le «Temple de Jean». En 1916,

il rentre en Russie par l'Angleterre. Il vit alors dans un monde obsessionnel

et grotesque qui est décrit avec une minutie clinique dans les Carnets d'un

toqué (1922). Comme Blok, Biély se rallia d'emblée à la Révolution d'Octobre,

fondant le mouvement des «Scythes», saluant le retour à une féconde barbarie

où il reconnaissait l'esprit du premier christianisme. Il publie un étrange petit

livre, Kotik Letaiev , où il tente de recréer la perception et l'univers mythique

du nouveau-né et du très jeune enfant. Il passe quelques mois à Berlin, en

même temps que Gorki, avec qui il collabore à la revue Beseda , puis rentre

en URSS. Émigré de l'intérieur, malgré ses efforts dérisoires pour aborder de

nouveaux thèmes littéraires soviétiques, Biély s'enfonce dans la solitude de

son labyrinthe. Trois tomes de mémoires, brillants, injustes et fulgurants font

gesticuler devant nous toute la Russie du premier quart du XX<sup>e</sup> siècle. Un livre

posthume sur Gogol maître écrivain est une pénétrante étude de l'univers du

grotesque. A sa mort, en janvier 1934, le poète Ossip Mandelstam écrivit une

suite étincelante de poèmes dédiés à ce génie inquiet et solitaire, qui avait

provoqué en Russie une mutation du langage comparable à celle de Joyce en

Occident, mais qui, muré dans son univers tourbillonnant, devait longtemps

rester un des artificiers méconnus du XX<sup>e</sup> siècle.

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