Genre humain (Le), n° 48. L'impensable qui fait penser : histoire, théologie, psychanalyse : pour Jacques Le Brun

Qu'ils concernent le pur amour, le péché philosophique ou
le péché contre le Saint-Esprit, la question de l'origine (et de
l'originaire), la mélancolie, l'abandon du Fils, les travaux de
Jacques Le Brun sont animés par un mouvement qui fait corps
avec leur objet même : la pensée de l'impensable, ce qui est
producteur de pensée dans le défi de l'impossible à penser, ce
qui fait écrire tous ceux qui, au XVII<sup>e</sup> siècle, tournent autour de
ces impensables, mais aussi ce qui fait écrire Jacques Le Brun
lisant ces textes.
Comment définir les propriétés de ces impossibles ? Peut-on
en esquisser un modèle général, ou sont-ils des figures irréductiblement
singulières - à l'image des figures du pur amour ?
Si l'on peut considérer ces impossibles qui font penser
comme fortement ancrés dans un champ de référence théologique,
alors leur déplacement contemporain, dans la psychanalyse
par exemple, fait-il de ces objets théologiques la figure
d'un impensable que serait devenue la théologie elle-même ?