Pensées végétariennes

«Qu'y a-t-il de plus abominable que de se nourrir continuellement
de cadavres ?», s'interroge en 1772 un fervent
défenseur du végétarisme, qui fait aussi l'éloge de «cette
admirable loi par laquelle il est défendu de manger les
animaux nos semblables». Contre toute attente, l'auteur
de ces propos n'est autre que Voltaire. Le philosophe
consacre depuis plusieurs années déjà des pages au sort
des animaux de boucherie dans son oeuvre. Nul n'aurait
soupçonné Voltaire de se faire le zélateur et théoricien
du végétarisme. Ces passages épars n'en constituent pas
moins un corpus homogène. Le problème de la responsabilité
des hommes dans la souffrance des bêtes rejoint
chez lui des préoccupations philosophiques plus larges
et plus anciennes, à commencer par le problème du mal.
Renan Larue réunit pour la première fois ses plaidoyers
en faveur de la cause animale.