Le lien et la distance, la mesure de notre humanité

Appréhender le lien et la distance, entrer dans le labyrinthe de nos émotions,
s'essayer à cerner ce qui nous tient éloigné ou rapproché de nous-même,
seule clé qui ouvre ou ferme le chemin vers autrui, n'est-ce pas l'entreprise
de chacun de nous ?
C'est dire que le lien et la distance s'interposent dans toutes les facettes de
notre existence, comme une oscillation tantôt rassurante tantôt déstabilisante,
toujours interpellante. Dans toutes les phases heureuses et
malheureuses de notre vie, à la manière d'un balancier qui frappe les heures
du lien et celles de la distance, afin que le temps venu soit celui de la reconnaissance
de soi et d'autrui. C'est-à-dire la reconnaissance d'un lien qui ne
craigne pas la distance et celle d'une distance qui ne se prémunisse pas du
lien.
Il est significatif que le thème du lien et de la distance revienne sous forme de
questionnement dans toutes les formations à l'écoute. À l'écoute en général,
car, faut-il le dire, l'écoute est inhérente à la vie relationnelle sous toutes ses
formes et dans toutes ses dimensions. À l'écoute en particulier quand les
personnes en formation, dans le cadre de leur engagement professionnel ou
bénévole auprès des malades, ont le souci de se rendre proche de la vie et de
la mort de leur patient, mais sans s'y perdre.
Le lien et la distance, c'est une question de savoir être. Les propos tenus ici
voudraient avoir cette qualité d'humanité qui donne au lien et à la distance
leur titre de dignité, de liberté et de tendresse.