Du couvent... au couvert ! ou Le récit de la vie de Madeleine Hardy

En écoutant Madeleine raconter ses histoires d'un autre
monde, le sien, on se demande si ce passé, qui n'est pas si loin,
n'est pas un leurre, un mauvais rêve dans ses débuts de vie tout
du moins. Une mère qui abandonne ses six enfants, de pères
différents, une nourrice pauvre, très pauvre, mais «où nous
étions heureux», une tante d'adoption qu'on rejette, la
perception d'une «maison du bonheur».
Séquences très émotives, racontées dans les pleurs ou les
rires, un long séjour au couvent où «l'on peut enfin se laver».
Elle y passera 14 ans de sa vie, espérant cette forme universelle
de l'amour, expérience dont elle ressort déçue mais la foi bien
arrimée.
Nous avons fait, avec elle, un dur chemin à travers le récit de
sa vie, celle du travail acharné pour survivre, celle de ses
découvertes, de ses projets, de ses espoirs, de ses réussites, de ses
échecs.
Cette femme, jeune encore, raconte, dans un second temps,
ses débuts dans le métier de «serveur» chez les grands de ce
monde, «après avoir gardé les chèvres» dira-t-elle sans
complexes, dans la dignité, avec une gaîté, un humour qu'on
pourrait lui envier. Avec elle, nous sommes introduits dans les
foyers de ses amis, ses «patrons», qui comme elle, tiennent
l'amitié pour sacrée.
Ce récit, fait de questions posées pour qu'elle puisse
s'exprimer librement, sans contraintes, a peut-être contribué à
lui faire prendre conscience du but qu'elle s'est assignée, qui se
dévoile au fil des temps, celui de l'amour des autres.
En a-t-elle soupçonné la force ?