Les dérives immobiles : autour de tableaux de Jean-François Bourasseau

Traversée des présents, les tableaux de
Jean-François Bourasseau sont les haltes
colorées qui sécrètent son amour pour «l'intra-ordinaire
qui vous faille le regard et la pensée, pas
l'extraordinaire. Je résiste et aime les road-movies immobiles
qui vous préparent à détecter les signes d'un ailleurs quotidien.»
Sur ses semelles, sur le nouement de ses lieux, Jean-Pierre
Sautreau inscrit sa propre déambulation, ses propres dénouements.
Poète, conduit par l'énigme d'un autre corps, emmené par un autre
imaginaire, il articule la langue neuve de la rencontre et de la surprise.
Sans être dans le tableau il veut être dans son miroir, se prendre à son monde.
Il entre par le silence, il sort par le mot.
Ces dérives immobiles sont faites d'inventaires, d'errances, de multiples regards.
Elles rassemblent la matière comprimant espace et temps entre deux rives. Elles ouvrent
deux boîtes noires.