Fallait-il laisser mourir Jean Moulin ?

Le titre de cet ouvrage peut s'entendre de deux façons différentes
: soit il s'agit de la disparition physique de Jean Moulin ;
soit il s'agit de l'anéantissement de son oeuvre.
A l'énoncé de ce prénom et de ce nom, il nous vient une émotion
tout à la fois brûlante et voilée. Elle nous replonge au milieu
d'un monde qui exige de nous que nous lui donnions ce que nous
avons de meilleur. Pourquoi Jean Moulin est-il toujours aussi
vivant ? Pour quelle raison obscure est-il mort ?
C'est son martyre qui conduit à se demander où il a pris la
force d'y venir en toute conscience. C'est le côté exemplaire de
sa mort qui pose la question de la valeur de ce sur quoi il avait
fondé toute sa vie.
Mais Jean Moulin n'était pas un homme seul. Agissant
comme il l'a fait après son départ de la préfecture de Chartres et
surtout après son voyage à Londres à la fin de 1941, il adressait,
semble-t-il, sa peine et sa foi à Charles de Gaulle.
Peine perdue et foi bafouée ? Voici posée la question qui
engendra ce livre.