Le sabre et la virgule : la langue du Coran est-elle à l'origine du mal arabe ?

La langue du Coran est-elle l'une des causes du déclin de la puissance
arabe depuis le siècle de Saladin ? Sa grammaire, qui n'a pas évolué
depuis mille cinq cents ans, explique-t-elle le retard sur l'Occident qui s'est
creusé au fil des siècles ?
Les questions iconoclastes posées par cet essai ont soulevé une tempête
médiatique et politique sans précédent en Égypte, provoquant la colère des
gardiens de la tradition. Chérif Choubachy y tire le signal d'alarme : les
archaïsmes et la complexité de l'arabe l'ont d'ores et déjà rendu impraticable
par l'homme de la rue. Du Maroc à La Mecque, prospèrent les dialectes qui
contribuent à diviser le monde arabe, laissant la maîtrise de la langue littéraire
à une poignée d'érudits.
Parce que toute langue appartient à ses locuteurs, et non l'inverse, Chérif
Choubachy plaide pour empêcher la momification de l'arabe par ceux qui
jurent de le conserver intact. Les Arabes auront-ils le courage de relever
ce défi dont dépendent leur culture, leur développement, leur progrès
économique et, en fin de compte, leur survie ?