Littérature féminine ivoirienne : une écriture plurielle

À travers cette étude menée autour d'ouvrages de Véronique Tadjo, de
Tanella Boni, de Regina Yaou et de Flore Azoumé, l'auteure a voulu s'écarter
de la traditionnelle dénonciation des pratiques phallocentriques si souvent
attribuée par les ouvrages critiques à la littérature féminine africaine afin
de s'intéresser davantage à la diversité de thèmes abordés par l'écrivaine
ivoirienne dans sa fiction. En effet, au-delà de la question du genre ou de
la dénonciation des pratiques oppressives envers les femmes associée
si communément aux écrivaines, l'auteure démontre que les Ivoiriennes
se libèrent des cloisonnements étanches établis entre littérature dite
masculine et littérature féminine pour traiter de thèmes globaux. Ce refus
du cantonnement pousse celles-ci à s'intéresser à une problématique plus
générale et plus globale, elles démontrent un élargissement de leur champ
d'investigation en refusant d'être obnubilées par des problèmes de «femmes».
Ce faisant, ces écrivaines ivoiriennes se posent véritablement comme des
membres à part entière de leur société qu'elles refusent d'appréhender sous
l'unique prisme du militantisme féministe.