Démocrite, Epicure, Lucrèce : les matérialistes de l'Antiquité

«Il y a des époques, observe Paul Nizan, où toutes les valeurs qui définissent une civilisation s'effondrent. L'accumulation des richesses économiques à un pôle de la société n'empêche pas l'appauvrissement général [...]. Aux valeurs civiques se substituent des valeurs d'argent. Un capitalisme du crédit se développe, et les nouveaux riches étalent leurs nouvelles fortunes.»
C'est le temps d'Epicure, de Démocrite et de Lucrèce (du III<sup>e</sup> au I<sup>er</sup> siècle avant notre ère) qui est ici visé par la description de Nizan, si parfaitement transposable à notre époque. Dispensé pendant des siècles, l'enseignement des grands matérialistes de l'Antiquité n'a rien perdu de son acuité subversive, et c'est à cette utile redécouverte qu'invitent les textes choisis, traduits et commentés par l'auteur d'Aden Arabie.