Un corsaire

Eugène Sue
(1804-1857) s'est fait connaître par ses deux
feuilletons à caractère social, Les Mystères de Paris (1842-43) et Le juif
errant (1844-45). Il inaugura un genre, celui des "mystères urbains".
Mais il fut aussi un pionnier du roman maritime. Cet ancien
chirurgien de la marine a rapporté de ses voyages (Espagne, Grèce,
Antilles...) des histoires hautes en couleur, avec des héros bien souvent
très cruels. Les plus connus d'entre eux étant : Kernok le pirate (1830),
inspiré du poème de Lord Byron, The Corsair, ou du Pilote de Fenimore
Cooper, Atar-Gull (1831) ou La salamandre (1832).
Il reçut la reconnaissance de ses pairs, d'Honoré de Balzac
à Sainte-Beuve. Son engagement d'écrivain social et socialiste lui valut
de finir sa vie en exil dans l'État de Savoie sous le second Empire. Vers la
fin de sa vie, il publia Les mystères du peuple qui subit la censure sous la
pression cléricale et policière. Cette opposition aura raison de la santé
de l'auteur, qui mourra à Annecy-le-Vieux en 1857.
Un corsaire
est un récit très rarement mentionné dans la
bibliographie d' Eugène Sue.
Cette histoire publiée sous forme d'anecdote met en
scène un personnage, le capitaine Tom S., qui a vraiment existé.
Il s'agit du capitaine Tom de Souville (1777-1839), corsaire calaisien,
dont les exploits furent souvent contés.
Eugène Sue l'a-t-il vraiment rencontré, vers 1920 ?
L'Histoire ne le dit pas.