Une histoire pour un royaume (XIIe-XVe siècle)

Au Moyen Age, le lettré chargé d'écrire l'histoire pour le roi
écrit sans nul doute l'histoire de la nation. Ainsi, les mythes
royaux, les références à des passés légendaires n'ont d'autres
buts que de rassembler les sujets autour de la figure idéale du
roi. Les Capétiens seront tour à tour victorieux, saints ou pères
des pauvres, unis à leur peuple par un amour partagé.
Pas moins d'une trentaine d'historiens retracent ici cette
histoire d'un royaume de France en gloire. Mais ils n'omettent
pas de nous en conter la part d'ombre : trahison, folie, défaites
ou absence d'héritier frappent le lignage capétien. Des révoltes,
comme celle des barons de Saint Louis, ou encore la folie
de Charles VI font vaciller le trône, inspirent le doute : un
pouvoir errant ou faible n'a-t-il pas quelque péché à expier ?
Parfois, le consensus politique se reforme autour d'un héros
sauveur. Il y eut Du Guesclin, le Grand Ferré ou Jeanne d'Arc.
Pourtant - et c'est l'enseignement que l'on retire de cet
ouvrage passionnant et très vivant -, les Français n'ont souvent
eu qu'une passion éphémère pour ces figures issues du peuple,
leur préférant pour longtemps encore l'immémoriale sacralité
de la monarchie.