Dictionnaire topographique du département de l'Hérault : comprenant les noms de lieu anciens et modernes

Dictionnaire topographique du département de l'Hérault : comprenant les noms de lieu anciens et modernes

Dictionnaire topographique du département de l'Hérault : comprenant les noms de lieu anciens et modernes
Éditeur: Lacour-Ollé
1999ISBN 9782750457440
Format: BrochéLangue : Français

La vaste région des Celtes est distinguée de la Gaule, italique par la dénomination de Gallia transalpina, et une partie de la Gaule méridionale, convertie en province de l'Empire, reçoit les noms de Braccata, Togata et Lugdunensis, qu'elle abandonne pour prendre celui de Narbonensis. Les divisions se multiplient bientôt et se confondent successivement avec les appellations. La Narbonnaise embrasse un moment la Lyonnaise et la Viennoise ; puis elle s'en sépare, au moins nominalement, pour se diviser elle-même en Première et Seconde Narbonnaise, notre pays restant dans la première : labyrinthe d'obscurités profondes, de noms, de temps et de circonscriptions où il est trop facile de s'égarer. Nous ne nous arrêterons pas davantage sur la question de savoir si la partie de la Gaule à laquelle le territoire de l'Hérault appartenait s'appelait Quinque provincioe ou bien Septem provincioe. C'est avec plus de certitude que, durant les trois siècles de la domination visigothique, nous le plaçons dans la Gothie ou Septimanie. - Les Sarrasins n'eurent pas le temps, dans leurs courses désolantes, d'imposer des noms nouveaux au pays, ni de lui assigner de nouvelles circonscriptions. A peine quelques mots de leur langue ont été retenus par notre nomenclature géographique, pour rappeler la présence du mahométisme dans nos contrées.

Nous devons aux vainqueurs des Sarrasins, et la conservation des formes géographiques des Romains, et la nomination de la plupart de nos localités. Toutefois, parmi les divisions territoriales conservées ou établies par les Francs, il en était une qui ne devait ni ne pouvait subsister autant que les autres dans le pays de la Langue d'Oc : nous voulons parler de la puissance féodale, institution qui morcela cette province en petits domaines seigneuriaux que se partagèrent le roi, la noblesse et le clergé. Le Languedoc ne disait pas, comme ailleurs, nulle terre sans seigneur ; grâce à son franc alleu, on y trouvait inversement des terres sans seigneur et des seigneurs sans terre. Sur le territoire de l'Hérault en particulier, si l'on excepte la vicomté de Béziers, celle d'Agde, la seigneurie de Montpellier, la baronnie de Lunel, le comté de Pézenas, le comté de Substantion et de Melgueil, dévolu à l'évêque de Maguelone, et les seigneuries plus nominales que réelles des autres évêques, presque tous les fiefs se résument en un domaine aussi étroit que le titre qui le représente.

Eugène Thomas

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