Herbert Spencer, un évolutionniste contre l'étatisme

Auteur d'une théorie culturelle de l'évolution qui
a marqué son temps (J. S. Mill, Nietzsche, Durkheim,
Bergson en furent les commentateurs volontiers
critiques), le philosophe et sociologue Herbert
Spencer (1820-1903) a depuis été étrangement
oublié - sauf pour être parfois caricaturé en apôtre
d'un «darwinisme social» cruel aux pauvres.
En revisitant exhaustivement les moments et axes
forts de son oeuvre abondante ( La Statique sociale,
Les Principes de la morale, L'Individu contre l'État... ) et
se référant constamment aux textes, Yvan Blot
entend réparer ces injustices. Spencer est ainsi rétabli
en sa qualité de rigoureux penseur d'une théorie
sociale, politique et économique fondée sur le principe
d'«égale liberté pour tous», le droit naturel
des individus et la coopération pacifique volontaire.
Selon lui, l'évolution conduit de la subordination
vers la coordination, du statut vers le contrat et vers
une réduction de l'emprise de l'État.
Yvan Blot restitue ici à Spencer sa part éminente
dans la paternité de conceptions individualistes et
libérales, à leur époque profondément originales, et
qui, un siècle plus tard, irriguent la dynamique de la
modernité.