Atelier du roman (L'), n° 46. La critique a-t-elle besoin des romanciers ? (III)

Atelier du roman (L'), n° 46. La critique a-t-elle besoin des romanciers ? (III)

Atelier du roman (L'), n° 46. La critique a-t-elle besoin des romanciers ? (III)
Éditeur: Flammarion
2006203 pagesISBN 9782080690180
Format: BrochéLangue : Français

Ainsi sommes-nous faits : la sûreté de nos jugements sur l'humanité guide peu notre conduite avec les

hommes que nous côtoyons, mais Philippe Muray finit par admettre ce qu'il savait et [...] se sépara

des pipole germanopratins, qui le haïssaient et le craignaient pour être l'écrivain qu'ils ne pouvaient être.

Michel Desgranges.

Ce n'est ni de l'extérieur ni «partiellement»

que le romancier peut penser à son art et, ne

serait-ce que pour cette raison, la pensée des

romanciers nous offre du roman une connaissance,

une idée, une conception que la pensée critique,

malgré toute sa bonne volonté et toutes ses découvertes,

est incapable de nous donner.

Isabelle Daunais.

Non seulement le roman constitue, selon

Julien Gracq, une oeuvre humaine - et

mérite donc d'être traité avec la dignité que cette

appartenance lui confère -, mais sa lecture doit

devenir l'occasion d'une conversation amoureuse.

Mathieu Bélisle.

Alors j'aimerais bien que les spécialistes d'ascenseurs, les édiles municipaux, les fabricants de téléphone

et les bistrotiers cessent de vouloir à tout prix améliorer ma vie. Leurs idées géniales ne

s'épanouissent qu'à nos dépens. Et à nos frais, cela va sans dire.

François Taillandier.

Les livres d'Antoine Volodine s'inscrivent dans

une vaste bibliothèque imaginaire dont l'ensemble,

bien sûr, demeure inaccessible : ils paraissent

avoir été miraculeusement sauvés de la destruction

d'une civilisation lointaine, dont nous ne

savons que ce qu'ils nous apprennent.

Christian Monnin.

En France, vous n'avez pas à choisir d'être

français, vous n'avez que la liberté de l'être.

Ici, c'est le contraire : nous avons le choix de ne

pas l'être et nulle aisance à l'être. En compensation,

on nous laisse le droit d'être nationalistes.

Jacques Ferron.

Si notre société sécularisée semble sacraliser la liberté d'expression, toutes les lois impliquant une

police de la parole montrent qu'en réalité elle préfère les Picrochole aux Grandgousier ou aux Gargantua,

le devoir-être au «fais ce que voudras», le moi idéal, grégaire, à l'idéal du moi.

Michel Erman.

Les mots ne sont que des mots ; ils composent un matériau embelli par tous ceux qui

la malaxent et la modèlent, par les écrivains et les poètes qui lui donnent luminosité

et musicalité [...] ou enlaidi par ceux qui l'obscurcissent. En écrivant en français, je

suis fière d'apporter ma contribution à la mémoire universelle de l'expérience humaine.

Anna Moï.

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