Marguerite Duras, une poétique de l'en allé

«En allée», dit le texte au sujet d'un personnage en qui s'incarne
l'écriture.
Mais que pourrait être une écriture «en allée» sinon celle qui,
fictionnellement, se montre sous des décapitations de mots et de phrases, des
ratures, des brûlures et des blancs, des disparitions incongrues et bien d'autres
désordres encore, sinon celle qui se réalise ainsi, en disant à coup de visibles
destructions son impossibilité primordiale, celle qui, à terme, inaugure une
certaine poétique.
«En allée dans » dit encore Le Ravissement de Lol V. Stein pour donner ainsi à
entendre, par-delà la morale oxymorique de ce personnage, Lol V. Stein, celle
de l'écrivain lui-même. Car le vivre et l'écrire dépendent pour Marguerite
Duras d'un même, voire d'un unique soubresaut, d'un commun
ensemencement : celui de l'empêchement.
Afin qu'à terme son travail d'écriture atteigne les confins inséparables de
l'esthétique et de l'éthique.