Le livre blanc sur le coton : négociations commerciales internationales et réduction de la pauvreté

Les subventions que certains pays, notamment les États-Unis, consentent à leurs producteurs de
coton concourent à la baisse des cours mondiaux du coton. Les pertes directes des pays producteurs
de coton d'Afrique de l'Ouest et du Centre, pays parmi les plus pauvres de la planète, dépassaient
les 250 millions de dollars. Dans le même temps, 25 000 producteurs américains de coton recevaient
plus de 2 milliards de dollars de subventions. Le 16 mai 2003, quatre pays, le Bénin, le
Burkina Faso, le Mali et le Tchad saisissaient l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour
trouver une solution durable à la crise cotonnière.
L'incohérence de la situation - les producteurs ne parviennent plus à vivre de leur travail alors
que le coton constitue une des rares réussites d'accès au marché - a valu un soutien politique et
médiatique aussi important qu'inattendu aux pays africains. Autre fait rarissime, depuis Cancún,
les institutions internationales en charge du développement et du commerce se sont engagées à
trouver des solutions idoines au dossier sur le coton.
Ce livre dresse un bilan de ce que l'Initiative coton signifie : un véritable exercice d'apprentissage
pour l'ensemble des acteurs impliqués. Les États n'ont pas hésité à nouer des alliances
«inédites» avec des industriels, des organisations de producteurs agricoles, voire des organisations
non gouvernementales. L'Initiative illustre les gains d'un «jeu à somme positive» qui découle
d'une stratégie de coopération entre acteurs. Avec l'Initiative se sont mises en place des dynamiques
nouvelles et irréversibles qui posent les fondements d'une meilleure prise en considération
des questions africaines dans cette mondialisation. Pour autant, l'Initiative n'est pas suffisante
pour résoudre durablement la compétitivité des filières cotonnières africaines. Les engagements des
bailleurs de fonds ne se sont pas traduits dans les faits à l'exception de la Coopération française.
Une mobilisation d'ensemble est indispensable pour donner aux producteurs de coton les capacités
d'investissement nécessaires pour maintenir leur compétitivité.