Inégaux devant la mort : droit à mourir : l'ultime injustice sociale

L'avènement d'un droit à mourir est présenté comme une
nouvelle étape du progrès social, accordant à chacun
une ultime liberté. En réalité, la décision de mourir de
manière anticipée relève tout autant d'une appréciation
personnelle que du consensus social sur ce que doit être
une «bonne mort».
Si le droit à mourir venait à être légalisé, qui pourrait résister
à la formidable pression «charitable» qui s'exercerait
sur tout un chacun parvenu aux frontières de la vie ?
À qui le droit à mourir apporterait-il un soulagement ?
Aux patients ? Ou bien aux familles, aux proches... aux
personnels de soin ? La crainte d'être une charge pour
les siens explique souvent les demandes d'euthanasie.
Enfin, et surtout, les plus démunis, les plus vulnérables
d'entre nous, vivent moins longtemps et en moins bonne
santé. Déjà victimes d'inégalités sociales en termes de
santé, d'espérance de vie et de durée de vie sans incapacités,
ils seraient exposés à l'ultime injustice d'une fin
prématurée imposée par la dégradation de leur état de
santé.