Pragmatisme et éducation : James, Dewey, Rorty

Si le pragmatisme a longtemps rencontré des réticences en France, c'est à
cause de son caractère «américain» et de sa réduction à la pédagogie
Or, il retrouve aujourd'hui un écho et une influence inédits. Cela tient
à un processus de sécularisation de la culture, d'individualisation et de
privatisation de la vie sociale qui marque l'histoire des sociétés
européennes. Le pragmatisme semble contribuer ainsi à une reconstruction
de l'éducation. Pourtant, il semble que l'on ait méconnu, et que l'on
méconnaisse encore, l'originalité et la force d'une tradition - James,
Dewey, Rorty - qui s'attache à tenir ensemble deux domaines d'ordinaire
traités distinctement : la théorie de la connaissance et la logique d'une
part ; la philosophie politique d'autre part.
C'est cette caractérisation qu'examine cet ouvrage pour dégager deux
caractéristiques centrales du pragmatisme : la récusation de toute forme de
dualisme et l'affirmation du pluralisme. Dans chaque cas, ce livre montre
comment s'articulent alors conception du savoir, théorie de la vérité
et définitions logiques d'une part, pensée du politique, du pouvoir et de
la démocratie d'autre part. Là est l'originalité de cet ouvrage qui permet
d'éclairer alors les difficultés d'une pensée française pétrie de
cartésianisme et éprise de la passion de l'unité, à faire sienne
la philosophie du pragmatisme.