Intervenir auprès des mineurs étrangers isolés : entre le maintien des spécificités culturelles d'origine et l'intégration dans la société française

Comment peut-on expliquer les attitudes des mineurs étrangers isolés ?
Quelles sont les raisons qui les amènent à vouloir conserver leurs habitudes
culturelles alors que leur intégration dans la société française semble être
un processus inéluctable ?
Les attitudes des mineurs étrangers isolés sont liées notamment à leurs
vécus, histoires, parcours et à leurs projets migratoires mais aussi au fait
qu'ils évoluent dans un environnement qui leur est désormais étranger.
C'est pourquoi l'attachement à leurs liens culturels semble important
pour éviter notamment un déracinement brutal, l'isolement total et la
négation de leurs origines. Ainsi, c'est au prix de la reconnaissance des
spécificités culturelles que le travailleur social ouvrira, pour le mineur
étranger, la possible volonté de prendre en considération les nouvelles
normes et modalités culturelles qui s'offrent à lui.
C'est en prenant en compte le maintien de certaines spécificités culturelles,
sociales et morales de ces jeunes d'une part ; et en acceptant l'idée
selon laquelle l'ensemble d'usagers s'enrichit de cette variété d'autre part,
que les liens culturels seraient une potentialité dans le processus d'intégration
du mineur étranger isolé. La prise en compte de ces liens culturels,
comme potentialités, permettrait au jeune étranger de communiquer
davantage, de prendre en considération la scolarité, la formation professionnelle
et le logement comme autant des moyens nécessaires à son intégration
dans le pays d'accueil.