Edouard Doigneau : 1865-1954

Ancien officier qui aux premières décennies du XX<sup>e</sup> siècle s'émerveilla des paysages et des sujets bretons, Édouard Doigneau (1865-1954) possède pourtant une personnalité à part dans les rangs fournis des peintres de la Bretagne. Ses tableaux, huiles ou aquarelles, ne sont réductibles à aucune école. Cela tient autant à ses origines qu'à la grande sensibilité dont il fait preuve en abordant les sujets les plus divers. Car si la Ronde des petites Bigoudènes, médaille d'or au salon de 1906, l'a rendu célèbre, Doigneau a beaucoup produit dans sa longue carrière, et sous tous les horizons.
Ses vues de Camargue, d'Espagne, d'Afrique du Nord connaissent un beau retentissement et témoignent de sa parfaite maîtrise des tons et de la lumière. Curieux de l'étranger, d'une fidélité simple aux pays qui l'accueillent, il en restitue la vérité sur la toile sans le folklore exotique. C'est d'un trait tout aussi précis qu'il capte le charme des rivières proches de Barbizon, les chevauchées forestières, les portraits de famille.
« Ce qui séduit chez ce peintre, c'est l'harmonie avec l'espace habité, un imaginaire qui n'altère en rien la réalité, une peinture heureuse qu'il fallait enfin faire reconnaître alors que les modes conspirent pour l'oublier. » (Extrait de la préface de Bernard Le Floc'h)