Je suis né dans l'faubourg Saint-Denis...

Au coeur du 10ème arrondissement de Paris, dans le
Faubourg Saint-Denis, quartier populaire et besogneux, André
Panczer coule une jeunesse heureuse avec ses parents ayant
une modeste situation.
La guerre, comme pour beaucoup de Français, engendrera
l'exode, mais pour le petit juif ce sera le signal d'une fuite face
aux persécutions :
Le passage de la Loire ce jour-là aura été pour moi la fin
d'une période d'insouciance, le début d'une nouvelle étape qui
allait se terminer cinq années plus tard à la gare de Lyon.
Réfugié en Creuse, puis dans Le Lot, il faut encore fuir lors
de l'invasion de la zone libre... jusqu'à Nice en zone d'occupation
italienne.
Ce témoignage authentique révèle un fait trop méconnu : les
autorités italiennes se sont opposées, parfois par la force, dans
leur zone d'administration, à la traque des réfugiés juifs par les
milices et organismes français agissant pour le compte des
autorités allemandes !
L'ultime refuge sera Megève où plus de 6 000 juifs séjourneront
sous «protection italienne» !
Pour André, l'épilogue de la fuite sera une famille d'accueil
en Suisse qui le traitera comme un fils.
C'est pour cette raison qu'il a aujourd'hui la chance de
pouvoir nous livrer son témoignage.