Hongrie : l'apprentie sorcière du nationalisme

Hongrie : l'apprentie sorcière du nationalisme

Hongrie : l'apprentie sorcière du nationalisme
Éditeur: Ed. du Cygne
2012205 pagesISBN 9782849242919
Format: BrochéLangue : Français

Où va la Hongrie ? Celle que construit à marche forcée, depuis avril

2010, le nationaliste conservateur Viktor Orban, appuyé sur une majorité

des deux tiers, peut-elle devenir un modèle pour une Union européenne en

crise, ou au contraire l'un des germes les plus virulents de sa dissolution ?

Longtemps considérée comme la plus riante des «démocraties d'Europe

de l'Est», ce pays avait donné l'exemple d'une transition pacifique vers le

postcommunisme. Très vite, trop vite, il a ouvert son économie aux forces

du marché, en espérant qu'elles lui apporteraient progrès et prospérité.

Son intégration dans l'Union européenne, en 2004, était censée lui

permettre de surmonter l'immense frustration engendrée par le traité de

Trianon, en 1920, qui avait ôté à une nation millénaire plus des deux tiers

de son territoire, et trois millions et demi d'habitants de culture magyare.

Mais aucune de ces questions inscrites au fer rouge dans la psyché hongroise

n'a été résolue. Elles ressurgissent à la faveur de la «révolution»

menée par M. Orban, jadis enfant prodige de la démocratisation, décidé

à ne pas laisser revenir au pouvoir ses adversaires de gauche, quitte à

verrouiller l'alternance et à utiliser des moyens peu orthodoxes pour remplir

les caisses de l'État.

La droite au pouvoir reprend ainsi des pans entiers du programme du

parti d'extrême droite Jobbik, qu'elle prétend endiguer. La préférence

nationale économique, le contrôle accru des médias, le culte d'un passé

mythifié, la chasse aux pauvres et la tolérance envers l'antisémitisme sont

devenus des traits marquants de la politique hongroise.

À Bruxelles comme à Washington, on s'inquiète de cette dérive,

d'autant plus dangereuse qu'elle intervient sur fond de crise de l'euro et

de la construction communautaire. Car la Hongrie reste, pour le meilleur

et pour le pire, un aiguillon au flanc de l'Europe, un sulfureux laboratoire

du nationalisme.

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